Je ne sais pas si vous l'avez remarqué : parmi les flots
d'informations que les médias nous déversent sans discontinuer, il
y en a certaines - des infos - qui apparaissent et disparaissent
aussitôt, comme les bulles d'écume au sommet des vagues.
Tenez, quelques exemples : la semaine dernière, un homme a tué sa
maîtresse avant de suicider. Un banal fait divers, sauf que l'homme
en question était l'ancien maire de Thionville, et député UMP,
membre de la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale.
Bref, un élu, doté d'un pouvoir décisionnel non négligeable.
Curieusement notre cher Empereur Zykochar Ier n'a pas pris la
parole pour proposer illico presto un projet de loi destiné à faire
enfermer les dangereux élus de la majorité.
Il y a quelques mois, c'est un "haut-dignitaire" de TF1, proche de
l'Empereur sus-cité (N.Zarkochy pour ceux qui ne l'auraient pas
reconnu), qui est mort d'overdose lors d'une soirée que l'on
pourrait qualifier d'orgiaque.
Des dépêches AFP qui disparaissent aussi vite qu'elles ont surgi,
et dont on n'entendra pas parler à la radio ou au JT.
Tout cela n'a peut-être que peu d'importance, certes. Le problème,
c'est qu'il en va de même avec d'autres dépêches AFP du type
:"Incident de niveau 1 à la centrale nucléaire XXX"... Et là, il
faut une vigilance toute particulière - et un certain temps - pour
que ce type d'informations remonte jusqu'au grand public, comme ça
a été le cas en juillet avec la Centrale du Tricastin.
Bref : il y a les infos qui tuent (les flots d'infos dont vous
pourriez vous passer et qui vous noient : bagarres au P.S.,
incendies en Californie, etc...) et les infos qui sont tues - par
qui, pourquoi... telles sont les questions.
C'était il y a quelques jours, dans la nuit du 3 au 4 novembre.
Suite à un rêve étrange, je suis sorti en pleine nuit observer le
ciel, dans l'attente d'un improbable phénomène cosmique.
Et je me suis souvenu que le ciel était beau; et j'ai
frissonné.
J'ai frissonné de froid, un petit peu.
J'ai frissonné de peur - la nuit est pleine de froissements de
feuilles, de bruits inhabituels, comme amplifiés par le silence
environnant, et pleine aussi d'étincelles colorées.
Et j'ai frissonné, comme toujours depuis que je suis en âge de
regarder le ciel, devant le spectacle du ciel étoilé
Quelques mots et autant de notes pour évoquer une chanteuse
talentueuse. Il se trouve que, pour mon boulot, je suis amené à
écouter avec beaucoup d'attention un grand nombre de disques en
tous genres (variété, rap, world, etc...) La plupart du temps,
j'abandonne ces musiques dans l'indifférence la plus totale. Et
parfois, une petite perle sort du lot.
Berry (de son vrai nom Elise Pottier) est de celles-là : une voix
fraîche et émouvante, des mélodies reposantes signées Emmanuel
Pallueau, appuyées par d'excellents jazzmen (Laurent de Wilde entre
autres)... et surtout des textes dont l'apparente simplicité vous
touche parfois au plus profond, comme du Verlaine - qu'elle met
d'ailleurs en musique de façon surprenante.
Un petit extrait de "Plus loin" :
"Je coupe une mèche de tes cheveux
Je te recoiffe un peu
J'embrasse ton front froid
Qui d'autre m'aimera comme toi
Toi, légère et douce
Comme l'eau et comme l'air
Oh, douce et légère
Comme la mousse sur ta pierre"
Le soir à travers les rideaux des pavillons
Les écrans plats questionnent des champions
Du haut des arbres tombent des papillons
Et sur l'A3 au loin on presse des champignons
Et l'ineffable parfum de l'autumn
C'est la crise les gens n'ont plus une thune
Alors on interroge le bitume
Qui tousse sous les boîtes d'atùn
Le soir devant les grilles des meulières
S'entassent les souvenirs d'hier
Feuilles mortes branches de lierre
Le vieux qui rentre n'a pas l'air fier
Et l'ineffable parfum del otoño
C'est la crise mais il reste de géniaux
Inventeurs de nouveaux signaux
Pour agrémenter la ligne O
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